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L'empoisonnement mental
L'empoisonnement mental
Il a été écrit par Harvey Spencer Lewis.
Chapitre IV
Les étranges processus du mental humain
Aucune personne sensée et réfléchie, ne pourrait maintenant contester le fait que le mental humain possède un contrôle sur la matière qui compose le corps ou sur les différents processus physiologiques en action dans l’organisme. Il n’est pas non plus nécessaire d’être disciple ou adepte des enseignements métaphysiques, mystiques, spirituels ou religieux d’une organisation mystique ou d’une religion, pour se rappeler d’incidents qui prouvent que le mental peut être effectivement à l’origine d’un grand nombre d’état mentaux particuliers et mystérieux.
Par l’étude clinique des processus psychologiques autrefois qualifiés «d’hypnose», il a été prouvé qu’une personne induite à un état de sommeil par hypnose ou sous l’effet d’un hypnotique chimique et confiante en l’intégrité et en la sagesse de celui qui dirige l’induction au sommeil, peut arriver à croire, par la persuasion, qu’un stylo ou un crayon froid est une tige de fer brûlant ou porté au rouge. En tenant devant elle cet instrument froid, qu’elle voit apparemment comme un instrument de torture, on arrive à lui faire croire aisément que si ce morceau de métal chauffé au rouge est mis au contact de son bras une fraction de seconde, elle souffrira d’une cuisante douleur et aura plus tard la preuve d’une brûlure au bras par la formation d’une cloque pleine de sérosité. En fait, à chaque essai ainsi tenté au cours d’un véritable état d’induction ou d’hypnose où on le sensibilise à croire ce qu’on lui dit, le patient placé sous observation clinique ou scientifique a montré qu’il endurait toutes les douleurs mentales et physiologiques d’une brûlure, qui ont même pu être enregistrées par électrocardiographes ou par d’autres appareils d’enregistrement très sensibles.
Peu après que le patient soit revenu à l’état normal de veille, et bien que n’ayant pas eu conscience de ce qui s’est passé, apparaît sur son bras, de manière très normale et naturelle, une cloque de sérosité, ayant la forme et la taille du métal prétendu chauffé au rouge avec lequel on lui a touché le bras. On pourra percer cette phlyctène et en extraire la sérosité de la manière habituelle, sans que pour l’observation ou le patient il y ait eu le moindre indice que la cloque parfaitement évidente n’est pas la conséquence d’une véritable brûlure physique, par suite d’un contact avec un vrai morceau de métal chauffé au rouge. Cette démonstration de laboratoire, pratiquée des milliers de fois en psychologie clinique dans les hôpitaux d’Europe et d’Amérique et à laquelle l’auteur a lui-même assisté des centaines de fois, constitue un excellent exemple de la façon dont une idée mentale dont les effets n’ont aucune base réelle ni physique peut créer sur le corps humain une réaction vraiment physiologique. Autrement dit, cette démonstration prouve qu’une idée ou une pensée peut se traduire et se transformer en quelque fait qui n’est pas simplement mental, mais aussi réel que toute réalité ayant jamais pu affecter le corps humain.
Des centaines d’autres expériences semblables, pratiquées sur des enfants et des adultes de tous âges et des deux sexes, prouvent que si le mental humain accepte une idée sans la remettre en question, sans en douter, elle est non seulement acceptée, mais devient une loi, un ordre ou un principe, qui accomplira logiquement son objectif ou sa mission, sans être autrement étayé par la réalité ou par les processus de la pensée.
Pour faciliter la compréhension de ce phénomène, rappelons qu’en fait, si l’on nous touche le bras avec une tige en fer rougie ou un morceau de métal chauffé au rouge, nous n’avons pas à créer mentalement l’idée que nous serons brûlés, que de pénibles impulsions nerveuses remonteront notre bras jusqu’à notre cerveau, qui nous fera percevoir une terrible douleur, au point non seulement de l’éprouver mais aussi de réagir à la brûlure par des contractions musculaires du bras et le réflexe de l’écarter du fer rougi. Nous n’avons pas à réfléchir pour retirer le bras du fer chauffé au rouge, car cet ordre est né dans la conscience, par suite de la douleur et de la souffrance automatiques provoquées par la brûlure des tissus. Et après que le fer ait cessé d’être en contact avec le bras ou plutôt lorsque le bras s’est carté du contact du fer, nous n’avons pas à donner l’ordre mental aux tissus du corps de fabriquer une cloque ayant la forme de la brûlure, ni à réfléchir au processus déclenché par une brûlure, comme la formation de la cloque, etc. Tous ces processus : brûlure des tissus, terrible douleur, contraction de la peau et des muscles, réflexe de retrait du bras et formation d’une cloque, surviennent automatiquement et en bon ordre, par étapes logiques successives, après que nous ayons vu le fer brûlant ou senti son contact sur notre bras.
On ne peut dire, par conséquent, que la douleur aigüe et cuisante, la crispation convulsive de la chair, les contractions des muscles, le réflexe de recul du bras et la formation de la cloque, soient des idées individuelles et distinctes que le mental a créées et manifestées dans le corps. Chaque étape distincte de l’ensemble du processus arrive l’une à la suite de l’autre, de façon automatique, en suivant le cours normal des lois naturelles.
